الشباب المغربي وتجديد النخبة التمثيلية: قراءة في إمكانات مجلس المستشارين بعد دستور 2011
Keywords:
jeunesse, Conseil des conseillers, représentation politique, ingénierie représentative, renouvellement des élites, élection indirecte, Maroc, Constitution de 2011Abstract
La question de la jeunesse a occupé une place prépondérante dans le débat public marocain au cours des deux dernières décennies, tant dans le discours officiel que dans l'agenda des acteurs partisans et de la société civile. Les données nationales révèlent que la tranche d'âge 15-34 ans représente 31,9 % de la population, soit 11,8 millions de personnes en 2023, ce qui en fait un capital démographique stratégique pour tout projet de développement durable. 1 Toutefois, ce poids démographique ne se reflète pas de manière équivalente dans la structure institutionnelle de la représentation politique, où la littérature spécialisée met en évidence un écart manifeste entre la présence sociétale des jeunes et leur position dans les cercles décisionnels. 2
Avec la Constitution de 2011, la question de la jeunesse a été élevée au rang d'engagement constitutionnel explicite, puisque l'article 33 stipule que « les pouvoirs publics œuvrent à la création de conditions permettant de généraliser l'effectivité du droit [...] de la jeunesse à la participation au développement social, économique, culturel et politique du pays ». 3 De même, les textes organiques régissant la Chambre des Conseillers ont renforcé une architecture représentative fondée sur la diversité sectorielle et territoriale, ce qui devrait théoriquement élargir les possibilités d'accès de différentes catégories sociales à l'institution législative. 4
Néanmoins, les rapports nationaux et internationaux indiquent la persistance d'une représentativité limitée des jeunes au sein des institutions élues, tant en termes de présence numérique que de positions de leadership dans les structures représentatives. 5 Cela soulève une question centrale quant à la capacité de l'architecture représentative de la Chambre haute, dans sa configuration post-2011, à contribuer effectivement au renouvellement des élites politiques et à ouvrir l'espace aux acteurs jeunes.
Cette étude part de l'hypothèse selon laquelle la structure représentative composite de la Chambre des Conseillers contient un potentiel institutionnel d'inclusion des jeunes, mais que ce potentiel demeure contraint par des facteurs structurels liés aux règles d'accès au champ représentatif, à la nature des collèges électoraux indirects, et aux mécanismes de reproduction des élites au sein des organisations partisanes et professionnelles, ce qui limite la conversion du capital éducatif et social des jeunes en position représentative effective au sein de l'institution législative. 6